mardi 11 mars 2008

Good bye, Farewell : Le jeu.

Cadeau bonus, avant mon départ.




Normalement ça doit donner ça, mais faites comme bon vous semble.


La jacket multi poche m'a été offerte par le chauffeur, mon grand ami, qui l'avait lui même hérité d'un japonais. C'est important pour l'histoire.


On se revoit dans 3 semaines.

Je vous embrasse.

Supa Reporter alias Etienne

mardi 4 mars 2008

On the road again

Pour répondre à vos nombreux messages de compassion et pour vous remercier d'avoir organisé une manifestation de soutien à Bastille, je vais donner quelques nouvelles de mes derniers jours.

Non, ma caméra n'est pas réparée, ni réparable d'ailleurs...Bamako...A moins de souhaiter voir ces petits bijous de micro éléctronique éventrés par des pinces en fer de 40 cm qui servent aussi bien à fabriquer des chaises qu'à opérer les appendicites.

Mais comme je ne suis pas fataliste j'ai décidé de conjurer le mauvais sort en consultant un bon vieux marabout. Parce que j'ai aussi perdu mon téléphone, été malade et pire, consulté www.bnpparibas.net.

Je m'accroche, je lutte, je prends mes problèmes à bras le corps (Non vraiment, vous seriez fiers(?) de moi). Je passe une demi journée au commissariat pour faire une déclaration de perte, une autre demi journée, pour réccupérer un téléphone et me délester au passage de mes derniers billets (Mon portefeuille tellement garni de ses 500 000 balles cfa rentre enfin dans la poche de mon jean.), je gobe un cacheton d'aspirine et je perds quelques litres de sueur au passage (comme si on avait besoin de ça ici)
Et surtout je parcours Bamako de long en large, mon répertoire de haut en bas (c'est vite fait, il est vide depuis que j'ai perdu mon téléphone) et je fouille le fond de mon portefeuille (aussi vite fait car aussi vide) pour trouver une caméra à bas prix...et en quelques jours, je trouve.

Bonheur de bonheur, tout repart.

J'en profite donc pour boucler ce que j'ai à finir à Bamako : Mon film sur le hip hop (ouais, Yo' BKO bro' c'est Bamako) et ça :



ça, c'est un film qui parle de la santé des enfants mais qui parle surtout en bambara (langue nationale), dont je suis censé être le réalisateur mais auquel je n'ai bien sûr rien compris, ni au tournage, ni au montage. Avec un peu de chance, ça sera diffusé sur la chaîne nationale malienne (c'est dire le niveau d'exigence de la TV).


Je repars dans quelques jours (le plus vite possible en fait) pour enfin faire mon voyage dans le nord. J'ai perdu pas mal de temps avec ces histoires, donc je n'aurai pas le temps d'aller ailleurs comme je le souhaitais. C'est mon seul regret. Je connais bien Bamako, j'y suis presque installé comme à Paris, boulot, copains, bière, concert etc., j'aurai bien aimé partir dans une autre direction, vers le Sénégal par exemple. J'ai du coup l'expérience de vie dans une autre ville d'un autre pays (et pas seulement de voyage), ce que je ne connaissais pas non plus, c'est toujours bon à prendre.

Enfin j'ai quand même un mois de vadrouille devant moi, c'est déja pas si mal. Au programme donc, un peu de brousse à Bla, un peu de pinasse à Mopti, un peu de tradition à Bankass, un peu de désert à Tombouctou avec toujours le cousinage en fil rouge.

La grosse bise (et oui mes lèvres ont gonflé depuis que je suis ici)

mardi 26 février 2008

Pas de nouvelles, mauvaises nouvelles.



Parti depuis une semaine STOP la fleur au fusil STOP le cœur gonflé d'espoir STOP Ségou, Douentza STOP mes recherches sur le cousinage avancent à grands pas STOP plein d'aventures en perspective STOP Tournage d'une ceremonie des Djinnétiki (appel des esprits, mise en transe, et pouf une jumelle se met à te lire l'avenir) STOP prédiction STOP Mariage prévu bientôt avec une femme pas trop grande pas trop grosse, qui est actuellement la copine d'une de mes connaissances STOP Don Juan arrive le 7 Avril STOP Prière de mettre vos copines en cage STOP Enregistrement musical improvisé chez des amis français à Segou STOP rencontré Yokouba le pygmé qui devait m'amener dans son village pour filmer les funerailles d'un hogon STOP la fête dure 20 jours STOP Badaboum tout s'écroule, le pire scénario STOP ma caméra me lâche, impossible de l'allumer STOP Retour en catastrophe à Bamako ou je n'ai aucun espoir de la réparer STOP encore mille choses a filmer STOP éspere que le voyage ne va pas se stopper là.

dimanche 10 février 2008

Je trouverai un titre plus tard

J'avoue être un peu plus flemmard ces derniers temps quand il s'agit de relater sur cette page mes modestes aventures. Les grandes découvertes des premiers jours finissent par faire partie du quotidien. J'ai passé la quasi totalité de mon séjour à Bamako, les nouveautés se font plus rare.

Un bon exemple : Le boubacar qui m'avait rebaptisé Jean Pierre a perdu tout son exotisme quand j'ai découvert qu'il n'etait en réalité qu'un pochtron de première qui écumait les endroits ou trainent les blancs. Il est d'ailleurs parti en m'insultant la dernière fois quand je ne lui ai donné que quelques sous. Je ne l'ai pas revu depuis.



J'ai quand même quitté mon club med pour quelques jours le temps du festival sur le niger, qui un festival assez reputé de musique malienne à Segou (quelques heures de Bamako, le temps de trajet dépend des aléas des bus).

je me suis donc embarqué à bord de mon bus pour quelques heures de voyages, et là, fantastique je m'emerveille à nouveau, le voyage, la liberté, blablabla sauf que... Mon voisin Bakaye, bavard, m'explique qu'il ne pense qu'aux chiffres, qu'il est financier, qu'il veut monter une sorte fond d'investissement etc. etc. (je me suis quand même pas coltiner 10 000 km pour retrouver mes potes banquier de Paris) Je l'ecoute quand même, je rigole un peu, politesse oblige, et puis je finis par lui refiler une plaquette d'une boite qui est susceptible de l'intéresser en France, en me disant que le temps de la lecture, moi j'aurai la paix. (Ne me demandez pas ce que je faisais avec ça sur moi, c'est une autre histoire). Ca a effectivement marché pendant 5 minutes. A mon tour de lui raconter ma vie et on en arrive donc a parler du cousinage (voir post précedent). Il me propose une petite démonstration, il se leve et se met a hurler en insultant tous les coulibaly du bus, très drôle.



Je fais la suite rapidement parce qu'il y d'autres choses a raconter. Segou donc, ville calme comparé à Bamako (qui me fait bien l'effet d'une grande ville maintenant bizarement) les routes sont en sable rouge, on mange de la poussière toute la journée.
Le cadre du festival est assez

Bon en fait j'ai definitivement la flemme d"écrire donc je vais faire un petit montage photo.


Avec tout ça j'ai meme pas le temps de vous parler du boulot... Tant pis, ça sera dans le prochain.


Tchaaaô

jeudi 7 février 2008

Joyeux anniversaire

Voici arrivé le grand jour, il est temps de souffler mon premier douzième de bougie.
Une fois n'est pas coutume, comme vous n'avez certainement pas pensé à m'offrir un petit cadeau, c'est à moi de le faire.

Je vous offre donc un palamarès des plus belles maximes peintes sur les sotramas (transport collectif)

roulement de tambour, tout les yeux sont ecarquillés, le coeur bat la chamade.

à la troisième position :



Avec "l'aventurier n'a pas de choix", coup de coeur du jury qui se reconnait dans ce proverbe.

La tension monte...brrrrrrrrbrrrbrbrrr (roulement de tambour toujours)...

A la deuxième place (attendez une seconde je décachetonne l'enveloppe) :



Primé pour sa haute valeur philosophique "Les gens n'aime pas les gens, les gens aiment l'argent des gens".

Et enfin à la première place, une très grande surprise pour ce bus que l'on avait pas vu depuis longtemps mais qui nous revient en très grande forme :




Le jury a en outre décidé d'accorder une mention spéciale ex aequo à l'ensemble (et très nombreux)des "Dieu Merci"

Allez on remercie bien fort pour ce beau cadeau et on se dit à bientôt.

mardi 29 janvier 2008

Cousin vs cousin

Aujourd'hui au programme une petite leçon d'anthropologie. Laissez moi donc vous parler d'une coutume pratiquée dans toute la sous région mais plus particulièrement au Mali : le Senekouya autrement appelé cousinage à plaisenterie.

C'est certainement la tradition la plus drôle qui puisse exister, j'aimerais la faire appliquer en France à mon retour.
Cette règle vous autorise à vous foutre de la gueule autant que vous voulez d'un certain nombre de personnes.

Explication.

Premièrement je m'appelle de Clerck, et une histoire ancestrale a fait des de Clerck les cousins des Danguy des deserts (tiens donc...), j'ai donc le droit d'insulter de tous les noms mon cher ami Arnaud (comme si on se privait), bon c'est un exemple j'aurai pu prendre les Montariol ou les Turbot. L'inverse est vrai, Arnaud a le droit de se moquer de moi (mais je ne lui conseille pas)

Deuxièment, je suis du village de Rueil Malmaison, donc j'ai le droit de me foutre de la gueule de tout les gens qui viennent de Troyes (ahhhh, pfffff, le naze il vend des chaussettes à Troyes)

Troisièmement parce que je suis encore jeune (bon en fait c'est pour les vraiment jeunes) j'ai le droit de me moquer des vieux. (je crois que c'est mon préféré celui la) . Imaginez vous croisez un vieux en sortant du métro : Hé le vieux on va au marché acheter sa pierre tombale? et lui reponds : Demande à ta copine si je suis près de la mort) Vous ne l'avez jamais rencontré avant, vous ne le reverrez jamais, mais vous pouvez vous insulter.

Il y a encore un certain nombre de cas que je ne vais pas détailler (petites soeurs de sa femme, etc.)

Les raisons qui font que telles noms et telles noms sont devenus cousins ne sont pas toujours très claires. C'est en général issu de vieilles légendes ancestrales. En fait comme le nombre de nom commun est assez limité ici, ça n'est pas trop compliqué à appliquer et ça multiplie le nombre de personnes dont vous pouvez vous moquer (le pied!)
La plupart des maliens m'affirment que cette règle est la base d'une entente cordiale. Certains vont même jusqu'a dire que ça a pu éviter des guerres. Une chose est sûre, ça peut eviter une amende si le policier est votre cousin.

J'ai donc entrepris de réaliser un petit documentaire sur le sujet.

yo'

jeudi 24 janvier 2008

Jean Pierre, agent secret.

Nouvelle experience : la conduite à Bamako.

J'ai commencé doucement, en allant acheter le pain à 400 mètres de la maison par des pistes désertes. Mais quand même je prends le 4x4, juste pour voir comment ça fait, ben ça le fait. Je me crois au Paris Dakar, je vole au dessus des nids de poule, et quand la poule est là, je l'écrase sans m'arrêter, de toute façon on est trop haut pour voir la route.

Ensuite Bamako, la ville. Avec la petite voiture, enfin la 406. Je traverse le pont fenetre ouverte, hip hop a fond, je m'y crois trop. Enfin je dompte la ville, comprenez je fais 3 fois le tour des mêmes rues pour trouver mon chemin.

Mon premier flic. Coup de sifflet. Comportement dangeureux...(genre MOI je suis dangeureux alors qu'ils roulent à 3 sur leurs motos sans casque et en doublant par la droite.) Comportement dangeureux, c'est quand par exemple t'es sur la file de droite et que un peu au dernier moment j'avoue, tu réalises que tu veux tourner à gauche (alors qu'en fait le bon chemin est bien sur la droite, mais ça je l'ai appris après, avec le flic.)
Donc le gars me demande 3000 FCFA (5€), je lui dis que je suis perdu (ce qui était vrai), il m'indique le chemin très cordialement, et pouf, l'amende descend à 2000. Comme j'avais pas mon permis sur moi, j'ai pas fait trop le malin (après il t'emmène au poste, ils te font attendre des heures en gardant tes papiers, etc. etc.) Coup de chance, j'avais que 1000 dans la poche, il a estimé que ça suffisait (j'adore ces phrases : "Allez donne moi 1000, ça ira". Ce qui signifie : il me manque un peu pour me payer un paquet de clopes, je te remercie). je repars lésté d'un petit billet mais au moins je connais mon chemin. Après tout le service valait bien ça.

Ce qui est amusant, c'est que quand tu as affaires aux policiers (cf ma rencontre avec les militaires ci dessous), Il peut te raquetter ton portefeuille (sans raison), mais toujours avec gentillesse et humour, parfois tu te demandes s'il te fait pas une mauvaise blague, mais non, il veut bien ses 3000 FCFA. Ca ne l'empeche pas de sourire (à la reflexion je vois pas pourquoi il ferait la gueule, il vient de se mettre dans la poche l'equivalent d'une semaine de boulot.)
Un policier africain en somme.

Mon premier accident. En voiture dans les embouteillages, coup de fil, je veux me ranger sur le coté pour répondre (stupide reflexe de parisien), et BAOUM la moto (toujours à 2 sans casques). Je sors de la voiture en priant de ne pas avoir tué quelqu'un, et aussi pour l'engueuler (merde quoi d'ou il me double par la droite, en roulant à moitié sur le bas coté) et puis je me rends compte que je ne suis pas à Paris. Le code de la route ici est laissé à la libre appréciation de chacun. De toute façon, je suis blanc donc à priori je suis en tort. Heureusement pas grande casse : un peu son carénage (s'il avait acheté une vraie moto au lieu de sa chinoise pourrie ça serait peut être pas cassé), mon enjoliveur et une belle rayure sur l'aile. Tout de suite l'atroupement, 10 personnes sont autour de moi à parler en bambara, je comprends rien du tout. Je m'en tire en lui payant 5000 F sur les conseils d'une personne tierce, de toute façon je crois pas que les constats existent. Avec du recul, je me dis que le type sur sa moto ne faisait pas le malin, certainement un signe de sa culpabilité, j'aurais jamais du payer. (Sonné? comment ça il était sonné? un petit accident ça n'a jamais empéché les gens de parler.)
Je repars en maudissant ce pays de sauvages et en insultant les petits vendeurs à la sauvette qui tiennent toujours à me refourguer le petit drapeau du Mali à mettre sur mon antenne que j'avais fièrement réussi à négocier de 750 à 500 juste avant l'accident. Quel interêt quand on sait que le Mali va se faire éliminer au prochain match.

Le seul souci dans cette histoire, c'est que la voiture est à vendre. Avec une belle rayure, c'est moins facile. Demain je l'amène chez le garagiste.
Moi qui était tout heureux d'économiser de l'argent sur les taxis...
(edit : l'opération vient de me couter 25 000 FCFA = 40 €)


La voiture avant l'accident.

Ma deuxième histoire avec les autorités locales remonte à quelques jours. Je filmais dans un quartier qui s'appelle la base, et qui comme son nom l'indique est une base militaire. Ils y logent les famille des soldats. La première fois, ça m'a laissé l'impression d'un grand bidonville, beaucoup plus sale que le reste de Bamako. Très sympa de la part du gouvernement de leur payer un logement de fonction (tu veux pas dormir directement dans la poubelle, je pense que tu serais mieux.) Le quartier est pratiquement fermé aux étrangers, en tout cas en aucun cas on se pointe la bas avec sa camera sans autorisation. C'est ce que nous avons fait. J'avais pourtant demandé aux personnes qui m'accompagnaient les risques d'une telle opération. (c'est un film de sensibilisation sur la prévention des maladies infantiles donc plutôt dans leur interêt.)



Pas de chance, au moment ou finit notre petit tour et que j'ai presque bouclé mes interviews, se pointe le sergent chef traoré (ou diarra ou keita ou je ne sais quoi) qui n'a pas l'air arrangeant du tout. Après une petite tentative d'explication (mes 3 accompagnateurs s'en chargent, ils sont du cru), j'emmène tout ce petit monde dans ma voiture direction le bureau du chef de corps. On attends (comme toujours) et on nous emmène finalement en salle d'interrogatoire. C'est comique un interrogatoire malien. Le sergent chef veut donc tout savoir de nos agissements, je suis devenu un espion à la solde des rebelles touaregs. Etienne, Agennt double zéro pointé pour la discrétion. Le MI6 me privera d'Aston Martin (tant que j'ai mon verre de Martini vodka à la cuillère pas au shaker, tout va bien). Il note mot à mot sur son bloc note, peut être 10 ou 15 pages noircies de mes aventures depuis mon arrivée.

- Alors si j'ai bien compris, votre frère habite au Mali, quel est son adresse?
- Bien joué sergent chef mais je ne tomberai pas dans votre piège, il n'y a pas d'adresse ici.
- Mais quand avez vous rencontré Mr Sangaré ici présent.
- euhh, je sais plus trop autour du 10 janvier.
- Il me faut une date précise.
- OK, vous avez qu'à écrire le 11 janvier à 9h, s'il vous faut une date précise.

Parfois il s'arrête, et il réflechit à sa prochaine question :

-Alors si je comprends bien, vous êtes ici pour raisons professionnelles, hum hum.
-Voila c'est que je vous repète depuis 1/2 heure.

J'aurais peut être du lui donner le lien du blog, on aurait gagné du temps. Je pense qu'à nous quatre il a du remplir entièrement son carnet. Si j'ai un message à faire passer : N'envoyez plus de vêtements, de jouets ou de médicaments. Envoyez des bloc notes, Pensez aux pauvres petits militaires qui sont obligés de faire des rapports manuscrits.
Il y avait un mélange de "je me la pète, je suis le chef, on est en état de guerre, je suis en possession de dangeureux espions, passons les donc à la torture pour qu'ils crachent ou ils ont cachés l'uranium." et de "Il est 13h, je sais qu'il y a un super poulet braisé aujourd'hui au menu à la cantoche , après tout ils ont pas l'air bien méchant, tiens je vais faire une petite blague ça détendra l'atmosphère"
Un militaire africain en sommme.