mardi 11 mars 2008

Good bye, Farewell : Le jeu.

Cadeau bonus, avant mon départ.




Normalement ça doit donner ça, mais faites comme bon vous semble.


La jacket multi poche m'a été offerte par le chauffeur, mon grand ami, qui l'avait lui même hérité d'un japonais. C'est important pour l'histoire.


On se revoit dans 3 semaines.

Je vous embrasse.

Supa Reporter alias Etienne

mardi 4 mars 2008

On the road again

Pour répondre à vos nombreux messages de compassion et pour vous remercier d'avoir organisé une manifestation de soutien à Bastille, je vais donner quelques nouvelles de mes derniers jours.

Non, ma caméra n'est pas réparée, ni réparable d'ailleurs...Bamako...A moins de souhaiter voir ces petits bijous de micro éléctronique éventrés par des pinces en fer de 40 cm qui servent aussi bien à fabriquer des chaises qu'à opérer les appendicites.

Mais comme je ne suis pas fataliste j'ai décidé de conjurer le mauvais sort en consultant un bon vieux marabout. Parce que j'ai aussi perdu mon téléphone, été malade et pire, consulté www.bnpparibas.net.

Je m'accroche, je lutte, je prends mes problèmes à bras le corps (Non vraiment, vous seriez fiers(?) de moi). Je passe une demi journée au commissariat pour faire une déclaration de perte, une autre demi journée, pour réccupérer un téléphone et me délester au passage de mes derniers billets (Mon portefeuille tellement garni de ses 500 000 balles cfa rentre enfin dans la poche de mon jean.), je gobe un cacheton d'aspirine et je perds quelques litres de sueur au passage (comme si on avait besoin de ça ici)
Et surtout je parcours Bamako de long en large, mon répertoire de haut en bas (c'est vite fait, il est vide depuis que j'ai perdu mon téléphone) et je fouille le fond de mon portefeuille (aussi vite fait car aussi vide) pour trouver une caméra à bas prix...et en quelques jours, je trouve.

Bonheur de bonheur, tout repart.

J'en profite donc pour boucler ce que j'ai à finir à Bamako : Mon film sur le hip hop (ouais, Yo' BKO bro' c'est Bamako) et ça :



ça, c'est un film qui parle de la santé des enfants mais qui parle surtout en bambara (langue nationale), dont je suis censé être le réalisateur mais auquel je n'ai bien sûr rien compris, ni au tournage, ni au montage. Avec un peu de chance, ça sera diffusé sur la chaîne nationale malienne (c'est dire le niveau d'exigence de la TV).


Je repars dans quelques jours (le plus vite possible en fait) pour enfin faire mon voyage dans le nord. J'ai perdu pas mal de temps avec ces histoires, donc je n'aurai pas le temps d'aller ailleurs comme je le souhaitais. C'est mon seul regret. Je connais bien Bamako, j'y suis presque installé comme à Paris, boulot, copains, bière, concert etc., j'aurai bien aimé partir dans une autre direction, vers le Sénégal par exemple. J'ai du coup l'expérience de vie dans une autre ville d'un autre pays (et pas seulement de voyage), ce que je ne connaissais pas non plus, c'est toujours bon à prendre.

Enfin j'ai quand même un mois de vadrouille devant moi, c'est déja pas si mal. Au programme donc, un peu de brousse à Bla, un peu de pinasse à Mopti, un peu de tradition à Bankass, un peu de désert à Tombouctou avec toujours le cousinage en fil rouge.

La grosse bise (et oui mes lèvres ont gonflé depuis que je suis ici)

mardi 26 février 2008

Pas de nouvelles, mauvaises nouvelles.



Parti depuis une semaine STOP la fleur au fusil STOP le cœur gonflé d'espoir STOP Ségou, Douentza STOP mes recherches sur le cousinage avancent à grands pas STOP plein d'aventures en perspective STOP Tournage d'une ceremonie des Djinnétiki (appel des esprits, mise en transe, et pouf une jumelle se met à te lire l'avenir) STOP prédiction STOP Mariage prévu bientôt avec une femme pas trop grande pas trop grosse, qui est actuellement la copine d'une de mes connaissances STOP Don Juan arrive le 7 Avril STOP Prière de mettre vos copines en cage STOP Enregistrement musical improvisé chez des amis français à Segou STOP rencontré Yokouba le pygmé qui devait m'amener dans son village pour filmer les funerailles d'un hogon STOP la fête dure 20 jours STOP Badaboum tout s'écroule, le pire scénario STOP ma caméra me lâche, impossible de l'allumer STOP Retour en catastrophe à Bamako ou je n'ai aucun espoir de la réparer STOP encore mille choses a filmer STOP éspere que le voyage ne va pas se stopper là.

dimanche 10 février 2008

Je trouverai un titre plus tard

J'avoue être un peu plus flemmard ces derniers temps quand il s'agit de relater sur cette page mes modestes aventures. Les grandes découvertes des premiers jours finissent par faire partie du quotidien. J'ai passé la quasi totalité de mon séjour à Bamako, les nouveautés se font plus rare.

Un bon exemple : Le boubacar qui m'avait rebaptisé Jean Pierre a perdu tout son exotisme quand j'ai découvert qu'il n'etait en réalité qu'un pochtron de première qui écumait les endroits ou trainent les blancs. Il est d'ailleurs parti en m'insultant la dernière fois quand je ne lui ai donné que quelques sous. Je ne l'ai pas revu depuis.



J'ai quand même quitté mon club med pour quelques jours le temps du festival sur le niger, qui un festival assez reputé de musique malienne à Segou (quelques heures de Bamako, le temps de trajet dépend des aléas des bus).

je me suis donc embarqué à bord de mon bus pour quelques heures de voyages, et là, fantastique je m'emerveille à nouveau, le voyage, la liberté, blablabla sauf que... Mon voisin Bakaye, bavard, m'explique qu'il ne pense qu'aux chiffres, qu'il est financier, qu'il veut monter une sorte fond d'investissement etc. etc. (je me suis quand même pas coltiner 10 000 km pour retrouver mes potes banquier de Paris) Je l'ecoute quand même, je rigole un peu, politesse oblige, et puis je finis par lui refiler une plaquette d'une boite qui est susceptible de l'intéresser en France, en me disant que le temps de la lecture, moi j'aurai la paix. (Ne me demandez pas ce que je faisais avec ça sur moi, c'est une autre histoire). Ca a effectivement marché pendant 5 minutes. A mon tour de lui raconter ma vie et on en arrive donc a parler du cousinage (voir post précedent). Il me propose une petite démonstration, il se leve et se met a hurler en insultant tous les coulibaly du bus, très drôle.



Je fais la suite rapidement parce qu'il y d'autres choses a raconter. Segou donc, ville calme comparé à Bamako (qui me fait bien l'effet d'une grande ville maintenant bizarement) les routes sont en sable rouge, on mange de la poussière toute la journée.
Le cadre du festival est assez

Bon en fait j'ai definitivement la flemme d"écrire donc je vais faire un petit montage photo.


Avec tout ça j'ai meme pas le temps de vous parler du boulot... Tant pis, ça sera dans le prochain.


Tchaaaô

jeudi 7 février 2008

Joyeux anniversaire

Voici arrivé le grand jour, il est temps de souffler mon premier douzième de bougie.
Une fois n'est pas coutume, comme vous n'avez certainement pas pensé à m'offrir un petit cadeau, c'est à moi de le faire.

Je vous offre donc un palamarès des plus belles maximes peintes sur les sotramas (transport collectif)

roulement de tambour, tout les yeux sont ecarquillés, le coeur bat la chamade.

à la troisième position :



Avec "l'aventurier n'a pas de choix", coup de coeur du jury qui se reconnait dans ce proverbe.

La tension monte...brrrrrrrrbrrrbrbrrr (roulement de tambour toujours)...

A la deuxième place (attendez une seconde je décachetonne l'enveloppe) :



Primé pour sa haute valeur philosophique "Les gens n'aime pas les gens, les gens aiment l'argent des gens".

Et enfin à la première place, une très grande surprise pour ce bus que l'on avait pas vu depuis longtemps mais qui nous revient en très grande forme :




Le jury a en outre décidé d'accorder une mention spéciale ex aequo à l'ensemble (et très nombreux)des "Dieu Merci"

Allez on remercie bien fort pour ce beau cadeau et on se dit à bientôt.

mardi 29 janvier 2008

Cousin vs cousin

Aujourd'hui au programme une petite leçon d'anthropologie. Laissez moi donc vous parler d'une coutume pratiquée dans toute la sous région mais plus particulièrement au Mali : le Senekouya autrement appelé cousinage à plaisenterie.

C'est certainement la tradition la plus drôle qui puisse exister, j'aimerais la faire appliquer en France à mon retour.
Cette règle vous autorise à vous foutre de la gueule autant que vous voulez d'un certain nombre de personnes.

Explication.

Premièrement je m'appelle de Clerck, et une histoire ancestrale a fait des de Clerck les cousins des Danguy des deserts (tiens donc...), j'ai donc le droit d'insulter de tous les noms mon cher ami Arnaud (comme si on se privait), bon c'est un exemple j'aurai pu prendre les Montariol ou les Turbot. L'inverse est vrai, Arnaud a le droit de se moquer de moi (mais je ne lui conseille pas)

Deuxièment, je suis du village de Rueil Malmaison, donc j'ai le droit de me foutre de la gueule de tout les gens qui viennent de Troyes (ahhhh, pfffff, le naze il vend des chaussettes à Troyes)

Troisièmement parce que je suis encore jeune (bon en fait c'est pour les vraiment jeunes) j'ai le droit de me moquer des vieux. (je crois que c'est mon préféré celui la) . Imaginez vous croisez un vieux en sortant du métro : Hé le vieux on va au marché acheter sa pierre tombale? et lui reponds : Demande à ta copine si je suis près de la mort) Vous ne l'avez jamais rencontré avant, vous ne le reverrez jamais, mais vous pouvez vous insulter.

Il y a encore un certain nombre de cas que je ne vais pas détailler (petites soeurs de sa femme, etc.)

Les raisons qui font que telles noms et telles noms sont devenus cousins ne sont pas toujours très claires. C'est en général issu de vieilles légendes ancestrales. En fait comme le nombre de nom commun est assez limité ici, ça n'est pas trop compliqué à appliquer et ça multiplie le nombre de personnes dont vous pouvez vous moquer (le pied!)
La plupart des maliens m'affirment que cette règle est la base d'une entente cordiale. Certains vont même jusqu'a dire que ça a pu éviter des guerres. Une chose est sûre, ça peut eviter une amende si le policier est votre cousin.

J'ai donc entrepris de réaliser un petit documentaire sur le sujet.

yo'

jeudi 24 janvier 2008

Jean Pierre, agent secret.

Nouvelle experience : la conduite à Bamako.

J'ai commencé doucement, en allant acheter le pain à 400 mètres de la maison par des pistes désertes. Mais quand même je prends le 4x4, juste pour voir comment ça fait, ben ça le fait. Je me crois au Paris Dakar, je vole au dessus des nids de poule, et quand la poule est là, je l'écrase sans m'arrêter, de toute façon on est trop haut pour voir la route.

Ensuite Bamako, la ville. Avec la petite voiture, enfin la 406. Je traverse le pont fenetre ouverte, hip hop a fond, je m'y crois trop. Enfin je dompte la ville, comprenez je fais 3 fois le tour des mêmes rues pour trouver mon chemin.

Mon premier flic. Coup de sifflet. Comportement dangeureux...(genre MOI je suis dangeureux alors qu'ils roulent à 3 sur leurs motos sans casque et en doublant par la droite.) Comportement dangeureux, c'est quand par exemple t'es sur la file de droite et que un peu au dernier moment j'avoue, tu réalises que tu veux tourner à gauche (alors qu'en fait le bon chemin est bien sur la droite, mais ça je l'ai appris après, avec le flic.)
Donc le gars me demande 3000 FCFA (5€), je lui dis que je suis perdu (ce qui était vrai), il m'indique le chemin très cordialement, et pouf, l'amende descend à 2000. Comme j'avais pas mon permis sur moi, j'ai pas fait trop le malin (après il t'emmène au poste, ils te font attendre des heures en gardant tes papiers, etc. etc.) Coup de chance, j'avais que 1000 dans la poche, il a estimé que ça suffisait (j'adore ces phrases : "Allez donne moi 1000, ça ira". Ce qui signifie : il me manque un peu pour me payer un paquet de clopes, je te remercie). je repars lésté d'un petit billet mais au moins je connais mon chemin. Après tout le service valait bien ça.

Ce qui est amusant, c'est que quand tu as affaires aux policiers (cf ma rencontre avec les militaires ci dessous), Il peut te raquetter ton portefeuille (sans raison), mais toujours avec gentillesse et humour, parfois tu te demandes s'il te fait pas une mauvaise blague, mais non, il veut bien ses 3000 FCFA. Ca ne l'empeche pas de sourire (à la reflexion je vois pas pourquoi il ferait la gueule, il vient de se mettre dans la poche l'equivalent d'une semaine de boulot.)
Un policier africain en somme.

Mon premier accident. En voiture dans les embouteillages, coup de fil, je veux me ranger sur le coté pour répondre (stupide reflexe de parisien), et BAOUM la moto (toujours à 2 sans casques). Je sors de la voiture en priant de ne pas avoir tué quelqu'un, et aussi pour l'engueuler (merde quoi d'ou il me double par la droite, en roulant à moitié sur le bas coté) et puis je me rends compte que je ne suis pas à Paris. Le code de la route ici est laissé à la libre appréciation de chacun. De toute façon, je suis blanc donc à priori je suis en tort. Heureusement pas grande casse : un peu son carénage (s'il avait acheté une vraie moto au lieu de sa chinoise pourrie ça serait peut être pas cassé), mon enjoliveur et une belle rayure sur l'aile. Tout de suite l'atroupement, 10 personnes sont autour de moi à parler en bambara, je comprends rien du tout. Je m'en tire en lui payant 5000 F sur les conseils d'une personne tierce, de toute façon je crois pas que les constats existent. Avec du recul, je me dis que le type sur sa moto ne faisait pas le malin, certainement un signe de sa culpabilité, j'aurais jamais du payer. (Sonné? comment ça il était sonné? un petit accident ça n'a jamais empéché les gens de parler.)
Je repars en maudissant ce pays de sauvages et en insultant les petits vendeurs à la sauvette qui tiennent toujours à me refourguer le petit drapeau du Mali à mettre sur mon antenne que j'avais fièrement réussi à négocier de 750 à 500 juste avant l'accident. Quel interêt quand on sait que le Mali va se faire éliminer au prochain match.

Le seul souci dans cette histoire, c'est que la voiture est à vendre. Avec une belle rayure, c'est moins facile. Demain je l'amène chez le garagiste.
Moi qui était tout heureux d'économiser de l'argent sur les taxis...
(edit : l'opération vient de me couter 25 000 FCFA = 40 €)


La voiture avant l'accident.

Ma deuxième histoire avec les autorités locales remonte à quelques jours. Je filmais dans un quartier qui s'appelle la base, et qui comme son nom l'indique est une base militaire. Ils y logent les famille des soldats. La première fois, ça m'a laissé l'impression d'un grand bidonville, beaucoup plus sale que le reste de Bamako. Très sympa de la part du gouvernement de leur payer un logement de fonction (tu veux pas dormir directement dans la poubelle, je pense que tu serais mieux.) Le quartier est pratiquement fermé aux étrangers, en tout cas en aucun cas on se pointe la bas avec sa camera sans autorisation. C'est ce que nous avons fait. J'avais pourtant demandé aux personnes qui m'accompagnaient les risques d'une telle opération. (c'est un film de sensibilisation sur la prévention des maladies infantiles donc plutôt dans leur interêt.)



Pas de chance, au moment ou finit notre petit tour et que j'ai presque bouclé mes interviews, se pointe le sergent chef traoré (ou diarra ou keita ou je ne sais quoi) qui n'a pas l'air arrangeant du tout. Après une petite tentative d'explication (mes 3 accompagnateurs s'en chargent, ils sont du cru), j'emmène tout ce petit monde dans ma voiture direction le bureau du chef de corps. On attends (comme toujours) et on nous emmène finalement en salle d'interrogatoire. C'est comique un interrogatoire malien. Le sergent chef veut donc tout savoir de nos agissements, je suis devenu un espion à la solde des rebelles touaregs. Etienne, Agennt double zéro pointé pour la discrétion. Le MI6 me privera d'Aston Martin (tant que j'ai mon verre de Martini vodka à la cuillère pas au shaker, tout va bien). Il note mot à mot sur son bloc note, peut être 10 ou 15 pages noircies de mes aventures depuis mon arrivée.

- Alors si j'ai bien compris, votre frère habite au Mali, quel est son adresse?
- Bien joué sergent chef mais je ne tomberai pas dans votre piège, il n'y a pas d'adresse ici.
- Mais quand avez vous rencontré Mr Sangaré ici présent.
- euhh, je sais plus trop autour du 10 janvier.
- Il me faut une date précise.
- OK, vous avez qu'à écrire le 11 janvier à 9h, s'il vous faut une date précise.

Parfois il s'arrête, et il réflechit à sa prochaine question :

-Alors si je comprends bien, vous êtes ici pour raisons professionnelles, hum hum.
-Voila c'est que je vous repète depuis 1/2 heure.

J'aurais peut être du lui donner le lien du blog, on aurait gagné du temps. Je pense qu'à nous quatre il a du remplir entièrement son carnet. Si j'ai un message à faire passer : N'envoyez plus de vêtements, de jouets ou de médicaments. Envoyez des bloc notes, Pensez aux pauvres petits militaires qui sont obligés de faire des rapports manuscrits.
Il y avait un mélange de "je me la pète, je suis le chef, on est en état de guerre, je suis en possession de dangeureux espions, passons les donc à la torture pour qu'ils crachent ou ils ont cachés l'uranium." et de "Il est 13h, je sais qu'il y a un super poulet braisé aujourd'hui au menu à la cantoche , après tout ils ont pas l'air bien méchant, tiens je vais faire une petite blague ça détendra l'atmosphère"
Un militaire africain en sommme.

lundi 21 janvier 2008

Des aigles sur des camions.

Vous savez sans doute pas mais en ce moment se déroule la Coupe africaine des nations (CAN) au ghana. Les aigles du Mali sont de la partie.

Ce soir premier match de poule contre le Benin, le Mali gagne péniblement 1-0 sur pénalty. Je ne vais pas vous faire le commentaire du match parce que tout le monde s'en fout mais par contre plutot de l'après.

10 min après le coup de sifflet, des centaines de gens sont déja amassés sur la grande route qui traverse tout les quartiers sud de la ville. On peut se dire que ça n'a rien de suprenant et qu'après tout il se passe la même chose chez nous. Et c'est vrai.

Mais quand même c'est l'Afrique donc ils font pas tout a fait comme nous.

D'abord la route sur laquelle ils affluent par centaines, c'est 2x2voies, sur laquelle les gens roulent à 100 en temps normal. Je comprends pas très bien comment ils ont pas 50 bléssés à chaque fois.
Ensuite comme la moitié des gens roulent en moto (et sans casque bien sûr) ils s'amusent à se mettre debout ou à faire trainer leur béquille pour faire des étincelles, ce qui est de plus belle effet, une sorte de feu d'artifice à bas prix (si on compte que la vie humaine ne coute pas grand chose.) Un autre de leur grand jeu, c'est de s'accrocher au camion qui passent. Malins les camions, de passer par là un soir de match...

Tout ça se déroule dans un ambiance plûtot amicale, mais le contraire m'aurait étonné, étant donné le caractère des maliens.

lundi 14 janvier 2008

Dans la nuit avec le "King" (Bling Bling à Bamako)

Je n'ai malheureusement pas retrouvé Elvis dans les chiottes d'une boîte d'un faubourg de Bamako.(j'y ai retrouvé Amadou et Mariam, c'est déja pas mal).

Par contre J'ai fait ce que je ne pourrais jamais faire à Paris, tout ca parce que je suis né dans le mauvais quartier, passer une soirée Bling Bling. Ca a du bon le voyage.

Vendredi soir, je me retrouve au Hogon, club de Toumani Diabaté (celebre joueur de Kora)en compagnie de Laurent (pour ceux qui le connaisent) et j'y fais la connaissance du King. Costard cravate, tiré à quatre épingles. Super chicos le type. Mais l'habit ne fait pas le moine. Le monsieur est rappeur. King Lassassy, premier du nom, mais surtout premier rappeur du Mali. On s'échange donc nos contacts et vla ti pas qu'il me rappelle le lendemain pour me proposer de passer la soirée avec lui et ses potes.

Alors la je m'attends à tout. Le rodeo en bentley sur les pistes en terre, les gros pimp dans une villa de luxe avec jolies filles en string, et tout le reste qui est censé faire partie de la panoplie du rappeur.



On boit des coups, puis il décide d'aller en boîte (pourquoi pas après tout), et sur la longue route vers des quartiers déserts que je ne connais pas, sa voiture (qui n'a vraiment rien d'une Bentley) montre quelques signes de faiblesses. Coup de panique, ils vont m'emmener dans un parking souterrain pour me faire passer le gout de s'interesser à leur petites affaires (que j'imagine de drogue et de prostitution), puis je me raisonne. Il n'y a pas de parking souterrain au Mali, et ce genre de choses ne peut pas se passer ailleurs. La bentley africaine (mazda en réalité) finit par caler sur le bord de la route. ah, problème, on fait quoi maintenant...bin, on pousse. Voila comment on se retrouve à pousser une voiture au milieu de la nuit et des pistes africaines avec des personnes que l'on ne connait pas. Voila comment on se retrouve à se dire : Franchement, qu'est ce que je fous là.

Il remplit son reservoir dans un station essence qui, heureusement, était à coté (et oui le King ne doit pas être bien riche pour mettre de l'essence frelatée dans son reservoir) et nous repartons pour la boîte de nuit le "Blonba".

King s'avance avec assurance et nonchalence, il connait tout le monde, ou plutot tout le monde le connait. Et moi je retrouve derriere à suivre comme un petit chien et à serrer les mains, dur d'être dans l'ombre d'une star. La boite ressemble à une boîte avec son lot de lasers et de spots roses sans grandes particularités, j'ai pas fais 4000 km pour me retrouver a faire semblant de danser sur les tubes européens. On part donc vite, direction un concert de hip hop, donné par des potes.

C'est encore plus loin, dans un endroit complètement désert, on se perd entre toutes les pistes qui se ressemblent mais on finit par trouver le lycée dans lequel se produit les rapeurs. Le son est mauvais, j'entends pas bien la musique, mais en tout cas il y a de l'energie : 200 jeunes sont reunis devant le perron de l'ecole, debout sur des chaises d'ecoliers à écouter les messages des MC maliens ("afrique unie", "Marre des dictateurs qui s'en mettent plein les poches" et quand même "nous on aime bien les meufs avec des gros seins et des strings"). Ca me plait bien.



Je commence à avoir un bon aperçu de Bamako, j'y rencontre pas mal de monde, je ne sais pas si c'est le pays ou si c'est le fait d'être seul en voyage, probablement les deux. King Massassy est devenu mon grand pote, je suis même allé dejeuner chez sa soeur, et a priori ses potes roadies m'embarquent à l'oeil au festival sur le Niger (qui coute quand même 100 euros pour les blancs, et 10 pour les maliens...salops de pauvre)

Je vous laisse sur une photo du centre national de la cinematographie locale, vous conviendrez qu'elle n'est pas très engageante.



A moins que vous ne preferiez celle la...




Salutations.

vendredi 11 janvier 2008

Dieu Merci, Jean Pierre n'aime pas Sarkozy.

Jean Pierre? Dieu? Sarkozy? Quel rapport avec moi, vous demandez vous, à juste titre.

Et si je vous dis...Afrique...non toujours pas? Bon vous aurez qu'à lire la petite histoire que je vais vous conter et vous comprendez.

Vendredi matin, je me livre à mon jeu favori depuis mon arrivée : Le lâcher d'Etienne au milieu de la ville.
Le but du jeu est assez simple, on me jette du 4x4 dans un quartier que je connais pas et je dois rentrer comme je peux pour le dejeuner à l'hotel...euh...je voulais dire chez mon frère. Pour corser l'aventure, on me met des liasses plein les poches, et un telephone portable. Exercice Ô combien perilleux. Je vous rappelle que les africains sont encore largement anthropophage. (si je vais trop loin vous m'arretez)

Ce matin donc, drop zone : Medina koura. Un vaste marché dans le nord de la ville. Maamannnn.... ma maison elle est toute au suuuuud...

Le lâcher d'Etienne est aussi le jeu favori des Maliens. Ils l'appellent : Ou est Jean Pierre? Variante africaine de notre "Ou est Charlie?"
Seulement c'est un peu plus facile pour eux, il me semble. Seul blanc, je m'aventure dans les passages d'un marché qui s'étend à perte de vue. Je pense que si j'avais un gyrophare sur la tête, je ne les aiderais pas plus. (la photo du bus "bonne chance Champion" se situe la bas)
Je dois cependant confesser que c'est plutot mon ressenti qu'une réalité. Les maliens, dans l'ensemble, se moquent pas mal que l'on soit blanc. Mais moi qui esperait me fondre incognito au milieu de la population comme le phasme sur sa branche, c'est raté.
Au détour d'une ruelle, je tombe sur un tournoi de baby foot, je préfère ne pas les humilier, et en plus, la honte, ils comptent les roulettes.



Je continue donc mes déambulations à travers la gare que je voulais absolument voir.



Je suis pas déçu, mon périple en train pour Dakar risque d'être haut en couleur.
A partir de là ça commence à être plus chaud, je ne sais déja plus très bien ou je suis dans Bamako, et comme toute les rues sont des marchés, c'est un peu délicat de se reperer. Je me vois bien dire "Allo Blandine? je suis perdu?....ou ça? ben euhh je vois un marché, ça te dit quelquechose ? plus de détails? ah alors je vois...des petites baraques qui vendent du poisson séché, des ceintures, des cartes de téléphones, et des médicaments... et puis il y a plein de femmes qui portent des bananes sur la tête. Tu vois maintenant?"
Je marche donc en sachant plus ou moins ou je vais et quand un type m'aborde pour me proposer des bazins (ndlr. tissu africain, brillant, qu'ils tapent avec des mailloches pour assouplir, je vous enverrai un petit bout de son du marché). Je rigole en lui demandant s'il pensait vraiment que j'allai m'habiller avec un boubou...et qui si c'etait le cas, je pense qu'ils rigoleraient bien pendant 3 jours.
Il m'emmène quand même dans son échoppe, je refais la même argumentation à son patron avec qui je finis par discuter, je lui raconte donc ma vie, mes envies, mes frustrations, mes questions. Il me parle de ses enfants, de ses rêves, je lui réponds avec mes dictons de sages, et il me dit : J'aime pas Sarkozy. Et la le piège, qu'est ce que je dois répondre, les gouttes de sueur commencent à couler le long de mes tempes (à moins que ça ne soit les 35°), j'hesite connaissant la punition en cas de mauvaise réponse (l'expulsion sans préavis de son échoppe, semblable aux 25 suivantes, au fond je perdais pas grand chose). Heureusement ma présence d'esprit qui me lache rarement en cas de coup dur, me souffle la bonne réponse : Moi non plus, j'aime pas Sarkozy. (qui l'eut cru, hein, franchement.) Me voila donc devenu son frère, son ami, je suis invité au mariage de sa nièce et je peux tourner les images que je veux dans tout bamako, j'ai l'aval du marchand.(merci bien, c'est trop aimable). Je repars donc tout content, en croisant un petit groupe de touriste (très rares) qui se fait sans doute avoir en achetant un boubou, que Madâme mettra lors du diner africain qu'elle organisera pour ses copines à son retour. Moi, j'ai maintenant un frère malien, je peux donc en toute honnêteté me moquer d'eux.
La suite de ma balade se passera en compagnie de Boubacar. Boubacar m'a abordé alors que je passais et repassais dans la même rue en me jurant que cette fois ci c'etait la bonne direction. (Le coup du "je marche depuis 5h dans la jungle et d'un coup je m'apercois que c'est le même arbre devant lequel je suis passé 8 fois".) Je lui décline donc mon identité, le but de ma mission incognito etc. etc. (tiens lui aussi il m'a repéré), on marche, on marche, on discute, on discute, il se met en tête qu'il va me faire visiter tout le quartier (ce que j'accepte sans rechigner), on passe donc devant le resto, on rentre dans la bibliotheque, il m'amene voir son pote pour que j'achete un dictionnaire français - bambara, etc et au fil de la discussion je m'apercois qu'en fait depuis le début il m'appelle Jean Pierre. (du genre : Mais tu vois Jean Pierre, le probleme au Mali blablabla), avec l'accent africain en plus, j'ai beaucoup ri (dans ma tête). J'ai d'autant plus aimé quand j'ai osé lui redemander son prenom, et qu'il me dit tout fier " moi, Jean Pierre, ton prénom je l'ai pas oublié". Nan c'est sur qu'un prénom pareil ça s'oublie pas. (Pardon d'avance pour les lecteurs à prénom composé, et mille excuses aux Jean Pierre perdus sur la toile qui seraient tombés sur ce blog). Il finit par me demander un peu d'argent pour la visite (oui je suis blanc quand même) mais moi, comme une vraie raclure de bidet, je lui lâche rien. On se quitte bons amis, parce qu'il était quand même sympa et qu'on venait de passer 3/4h ensemble. Et je rentre au Chateau.

Après le premier choc (allez, on peut le dire) de l'arrivée, je m'habitue très vite à la vie au Mali (je parle de la vraie vie, pas celle du chateau). Je m'y sens déja à mon aise, et je crois que ça me plait bien.

N'hésitez pas à mettre des commentaires pour me montrer combien ma plume est fine.

Salutations

Moi aussi j'ai envie de te dire, Bonne Chance champion.

mardi 8 janvier 2008

J+2 : post post choc



Je pars plein d'assurance, quittant mon quartier soit disant africain, pour rejoindre Bamako sans trop savoir ce qui m'attend. Assurance conforté par la lecture du journal d'Air Sénégal, qui m'envoie un quart de page de pub sur l'opticien de mon immeuble parisien. J'attends donc avec impatience le gigantesque chateau rouge quitte a troquer mon poulet crudités pour un poulet grillé.

Ce que j'ai découvert le lendemain c'est probablement ce que tout occidental vit la première fois qu'il vient en Afrique ou en tout cas au Mali. Bamako ne ressemble en rien à l'image que je me faisais d'une ville. Depuis quand a t on besoin d'avoir des immeubles et des routes goudronnées pour s'appeller 'ville'. Spontanément j'aurai plutot appelé ça un village, mais il parait qu'un village de 2 milions d'habitants ça n'existe pas. J'ai vu un paquet de documentaires, mais pourtant au premier abord ca ne ressemble en rien à ce que je pouvais imaginer.

Après deux jours et deux balades, j'apprivoise. il n'y a pas d'impressions de grande pauvreté, mais plutôt d'une grande classe moyenne - disons moyenne à tendance pauvre quand même - tout le monde (ou en tout cas les "visibles" ce qui vivent dans la rue...c'est à dire tout le monde à part les blancs et les très riches) a l'air de vivre de la même façon (j'avoue ne toujours pas avoir très bien compris de quoi ni comment d'ailleurs), j'ai l'impression qu'ils sont un jour cordonnier (non en fait j'en ai toujours pas vu), le lendemain vendeur de matelas (imprimé au couleur du drapeau américain), pour finir pisciniste le mercredi dans une echoppe sur le bord de la route.(Coulibaly : entretien et nettoie vos piscine. incroyable Coulibaly. Voir photo ci dessous)



Deux balades donc, un peu timides, mais suffisantes pour permettre à cette bande de petits cons de 12 ans de se foutre de ma gueule en bambara (quoi? mon look post colonial mélangé à du style local façon je veux m'habiller à l'africaine mais quand même... ca leur plait pas? tant pis pour eux je me vengerai sur mon blog. C'est chose faite) et pour me refiler les ampoules du tonguier de début de saison, celles qui se collent entre l'orteil et le deuxième doigt de pied, irrités par le mauvais plastique taiwanais de mes claquettes de plage. (si vous arrivez a comprendre cette phrase du premier coup sans vous arreter en plein milieu, Chapeau.)
A moins que ça ne soit la centaine d'aller retour quotidien entre le frigidaire et son jus d'orange préssé et les alentours de la piscine. Je découvre la laborieuse vie des expatriés au Mali et je pouffe de rire en les voyant se prendre la tête sur la couleur des coussins qui iront dans le 3eme salon en fer forgé ou peut être dans le 2eme en rotin. Je dois avouer que j'en profite largement. Ca m'empêche pas de penser qu'il y a un film à faire.



La citadelle imprenable dans laquelle je vis.


Demain premier rendez vous professionnel, et premier déplacement seul, sans le char d'assaut (vous appelez ça une voiture vous?) Pas de sarcasmes au fond de la salle, ceux qui connaissent l'Afrique comprendront. Pas de plan de la ville, de toute façon il n'y a pas de nom de rues. On perd rapidement tout repère dans cette vie grouillante mais déja je m'habitue...

Salutations



edit : J'ai eu mon rendez vous, j'ai pris mon premier taxi, demandé pour la première fois mon chemin, acheté ma première recharge telephonique et mon premier paquet de clope... dure la matinée, je pense que je ne vais pas faire grand chose cet après midi.