lundi 14 janvier 2008

Dans la nuit avec le "King" (Bling Bling à Bamako)

Je n'ai malheureusement pas retrouvé Elvis dans les chiottes d'une boîte d'un faubourg de Bamako.(j'y ai retrouvé Amadou et Mariam, c'est déja pas mal).

Par contre J'ai fait ce que je ne pourrais jamais faire à Paris, tout ca parce que je suis né dans le mauvais quartier, passer une soirée Bling Bling. Ca a du bon le voyage.

Vendredi soir, je me retrouve au Hogon, club de Toumani Diabaté (celebre joueur de Kora)en compagnie de Laurent (pour ceux qui le connaisent) et j'y fais la connaissance du King. Costard cravate, tiré à quatre épingles. Super chicos le type. Mais l'habit ne fait pas le moine. Le monsieur est rappeur. King Lassassy, premier du nom, mais surtout premier rappeur du Mali. On s'échange donc nos contacts et vla ti pas qu'il me rappelle le lendemain pour me proposer de passer la soirée avec lui et ses potes.

Alors la je m'attends à tout. Le rodeo en bentley sur les pistes en terre, les gros pimp dans une villa de luxe avec jolies filles en string, et tout le reste qui est censé faire partie de la panoplie du rappeur.



On boit des coups, puis il décide d'aller en boîte (pourquoi pas après tout), et sur la longue route vers des quartiers déserts que je ne connais pas, sa voiture (qui n'a vraiment rien d'une Bentley) montre quelques signes de faiblesses. Coup de panique, ils vont m'emmener dans un parking souterrain pour me faire passer le gout de s'interesser à leur petites affaires (que j'imagine de drogue et de prostitution), puis je me raisonne. Il n'y a pas de parking souterrain au Mali, et ce genre de choses ne peut pas se passer ailleurs. La bentley africaine (mazda en réalité) finit par caler sur le bord de la route. ah, problème, on fait quoi maintenant...bin, on pousse. Voila comment on se retrouve à pousser une voiture au milieu de la nuit et des pistes africaines avec des personnes que l'on ne connait pas. Voila comment on se retrouve à se dire : Franchement, qu'est ce que je fous là.

Il remplit son reservoir dans un station essence qui, heureusement, était à coté (et oui le King ne doit pas être bien riche pour mettre de l'essence frelatée dans son reservoir) et nous repartons pour la boîte de nuit le "Blonba".

King s'avance avec assurance et nonchalence, il connait tout le monde, ou plutot tout le monde le connait. Et moi je retrouve derriere à suivre comme un petit chien et à serrer les mains, dur d'être dans l'ombre d'une star. La boite ressemble à une boîte avec son lot de lasers et de spots roses sans grandes particularités, j'ai pas fais 4000 km pour me retrouver a faire semblant de danser sur les tubes européens. On part donc vite, direction un concert de hip hop, donné par des potes.

C'est encore plus loin, dans un endroit complètement désert, on se perd entre toutes les pistes qui se ressemblent mais on finit par trouver le lycée dans lequel se produit les rapeurs. Le son est mauvais, j'entends pas bien la musique, mais en tout cas il y a de l'energie : 200 jeunes sont reunis devant le perron de l'ecole, debout sur des chaises d'ecoliers à écouter les messages des MC maliens ("afrique unie", "Marre des dictateurs qui s'en mettent plein les poches" et quand même "nous on aime bien les meufs avec des gros seins et des strings"). Ca me plait bien.



Je commence à avoir un bon aperçu de Bamako, j'y rencontre pas mal de monde, je ne sais pas si c'est le pays ou si c'est le fait d'être seul en voyage, probablement les deux. King Massassy est devenu mon grand pote, je suis même allé dejeuner chez sa soeur, et a priori ses potes roadies m'embarquent à l'oeil au festival sur le Niger (qui coute quand même 100 euros pour les blancs, et 10 pour les maliens...salops de pauvre)

Je vous laisse sur une photo du centre national de la cinematographie locale, vous conviendrez qu'elle n'est pas très engageante.



A moins que vous ne preferiez celle la...




Salutations.

2 commentaires:

Unknown a dit…

tu as gardé la bande-son "nous on aime bien les meufs avec des gros seins et des strings" ? :-)

lili a dit…

très chouette de suivre tes aventures cousin, j'attend la suite ...bise