mardi 8 janvier 2008

J+2 : post post choc



Je pars plein d'assurance, quittant mon quartier soit disant africain, pour rejoindre Bamako sans trop savoir ce qui m'attend. Assurance conforté par la lecture du journal d'Air Sénégal, qui m'envoie un quart de page de pub sur l'opticien de mon immeuble parisien. J'attends donc avec impatience le gigantesque chateau rouge quitte a troquer mon poulet crudités pour un poulet grillé.

Ce que j'ai découvert le lendemain c'est probablement ce que tout occidental vit la première fois qu'il vient en Afrique ou en tout cas au Mali. Bamako ne ressemble en rien à l'image que je me faisais d'une ville. Depuis quand a t on besoin d'avoir des immeubles et des routes goudronnées pour s'appeller 'ville'. Spontanément j'aurai plutot appelé ça un village, mais il parait qu'un village de 2 milions d'habitants ça n'existe pas. J'ai vu un paquet de documentaires, mais pourtant au premier abord ca ne ressemble en rien à ce que je pouvais imaginer.

Après deux jours et deux balades, j'apprivoise. il n'y a pas d'impressions de grande pauvreté, mais plutôt d'une grande classe moyenne - disons moyenne à tendance pauvre quand même - tout le monde (ou en tout cas les "visibles" ce qui vivent dans la rue...c'est à dire tout le monde à part les blancs et les très riches) a l'air de vivre de la même façon (j'avoue ne toujours pas avoir très bien compris de quoi ni comment d'ailleurs), j'ai l'impression qu'ils sont un jour cordonnier (non en fait j'en ai toujours pas vu), le lendemain vendeur de matelas (imprimé au couleur du drapeau américain), pour finir pisciniste le mercredi dans une echoppe sur le bord de la route.(Coulibaly : entretien et nettoie vos piscine. incroyable Coulibaly. Voir photo ci dessous)



Deux balades donc, un peu timides, mais suffisantes pour permettre à cette bande de petits cons de 12 ans de se foutre de ma gueule en bambara (quoi? mon look post colonial mélangé à du style local façon je veux m'habiller à l'africaine mais quand même... ca leur plait pas? tant pis pour eux je me vengerai sur mon blog. C'est chose faite) et pour me refiler les ampoules du tonguier de début de saison, celles qui se collent entre l'orteil et le deuxième doigt de pied, irrités par le mauvais plastique taiwanais de mes claquettes de plage. (si vous arrivez a comprendre cette phrase du premier coup sans vous arreter en plein milieu, Chapeau.)
A moins que ça ne soit la centaine d'aller retour quotidien entre le frigidaire et son jus d'orange préssé et les alentours de la piscine. Je découvre la laborieuse vie des expatriés au Mali et je pouffe de rire en les voyant se prendre la tête sur la couleur des coussins qui iront dans le 3eme salon en fer forgé ou peut être dans le 2eme en rotin. Je dois avouer que j'en profite largement. Ca m'empêche pas de penser qu'il y a un film à faire.



La citadelle imprenable dans laquelle je vis.


Demain premier rendez vous professionnel, et premier déplacement seul, sans le char d'assaut (vous appelez ça une voiture vous?) Pas de sarcasmes au fond de la salle, ceux qui connaissent l'Afrique comprendront. Pas de plan de la ville, de toute façon il n'y a pas de nom de rues. On perd rapidement tout repère dans cette vie grouillante mais déja je m'habitue...

Salutations



edit : J'ai eu mon rendez vous, j'ai pris mon premier taxi, demandé pour la première fois mon chemin, acheté ma première recharge telephonique et mon premier paquet de clope... dure la matinée, je pense que je ne vais pas faire grand chose cet après midi.

2 commentaires:

Unknown a dit…

T'es tjrs en rupture de jus de mangue ???

Dorothée a dit…

top ton blog Tinou! je te découvre des petits talents de journalistes avec une point d'humour totalement à mon goût.
Profite!